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 Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale

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LSMM


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Féminin Nombre de messages : 14931
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MessageSujet: Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale Sam 17 Sep 2016 - 23:01



MANUEL VALLS : DIGNE HÉRITIER DE LA POLITIQUE MUSULMANE D'INSPIRATION COLONIALE


par Vincent Vincent Geisser

Pourquoi le Premier Ministre Manuel Valls éprouve-t-il le besoin de relier systématiquement la question dramatique du terrorisme à la réforme de l’islam de France ? En quoi la lutte contre le radicalisme passe-t-elle nécessairement par le contrôle des mosquées et des imams, alors que tout le monde sait que les terroristes sont recrutés ailleurs ? Quelles sont les contradictions majeures de cette promotion d’un "islam français" en le confiant à des officines étrangères (islam consulaire) ?


Pour répondre à ces interrogations, nous avons choisi publier une série de papiers tirés de notre ouvrage « Marianne & Allah » coécrit avec Aziz Zemouri en 2007.

En fait, M. Valls ne fait que reprendre et durcir les « vieilles recettes françaises » expérimentées à l’époque coloniale et reprises depuis par tous les gouvernements et les ministres de l’Intérieur français.


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Féminin Nombre de messages : 14931
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MessageSujet: Re: Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale Sam 17 Sep 2016 - 23:06

SURVEILLER, CONTRÔLER ET REPRÉSENTER : AUX SOURCES COLONIALES D'UNE « POLITIQUE MUSULMANE » TRÈS ACTUELLE
(1ière partie)


« L’islam français », voilà une formule qui a une résonance bien actuelle, voire futuriste, dont l’historien Henry Laurens nous rappelle pourtant qu’elle était déjà d’un usage courant durant la Première Guerre mondiale, en raison notamment de l’afflux massif en Métropole de soldats et d’ouvriers nord-africains.

Alors que les politiques et les experts du paysage islamique hexagonal en sont encore aujourd’hui à palabrer pour savoir s’il convient de parler d’ « islam en France » ou d’ « islam de France », la Troisième République n’avait pas hésité, elle, à proclamer « sa » politique musulmane comme « un mot d’ordre politique, une réalité institutionnelle et un sujet de débat où l’on essaye de concilier une universalité française et une spécificité musulmane dans un cadre impérial ».

Dans les incessantes et lancinantes discussions qui animent régulièrement notre scène politico-médiatique sur la légitimité ou l’illégitimité du fait musulman sur notre territoire (« L’Islam est-il soluble dans la République ? », se dégage ce sentiment de régression, comme si à chaque fois, les acteurs se devaient de rejouer le début de la pièce de l’allégeance républicaine, les figurants musulmans étant constamment sommés de donner des gages de leur « francité » à leur metteur scène suprême (l’Etat français).

Certes, le contexte a changé : la France a perdu la quasi-totalité de ses « territoires musulmans » d’outre-mer – à l’exception de Mayotte et de La Réunion - et ses « musulmans de l’intérieur » ne sont plus considérés désormais comme des « sujets » mais bien comme des « citoyens français » à part entière que rien, sur le plan juridique, ne semblent distinguer des autres Français.

Toutefois, en dépit des transformations affectant les hommes, les institutions et les dispositifs d’action publique, on observe des récurrences et des réminiscences de « notre » politique musulmane. Aussi, est-il possible de parler d’une véritable tradition française en matière de gouvernance musulmane, révélant sur le long terme une même tension, que d’aucuns qualifieraient d’« aporie républicaine » et, qui consiste précisément à vouloir émanciper « l’Autre musulman » tout en cultivant son particularisme, souvent malgré lui, entretenant une forme d’islamité imposée, « une assignation à résidence communautaire » en quelque sorte.

En somme, si l’islam ne se dissout pas dans la République, c’est que, quelque part, les acteurs républicains ne souhaitent pas tant le dissoudre (du moins pas complètement), exhibant un « statut personnel » qui, certes, n’existe plus juridiquement, mais, qui produit toujours des effets bien réels sur le plan symbolique : un statut personnel imaginaire qui vient se substituer au statut personnel hérité de la colonisation (Code de l’indigénat dans le cas algérien) et justifiant au présent le maintien et le développement d’une « politique musulmane » distincte de celle pratiquée à l’égard des autres religions, confessions et cultes. A ce niveau, le projet républicain à l’égard des « Musulmans » - catégorie juridico-politique que l’on croyait disparu à tout jamais depuis la fin de l’Empire colonial mais qui revient pourtant en force, ces dernières années, dans les discours publics et institutionnels – repose sur une injonction paradoxale qui consiste à vouloir assimiler ou à intégrer à la République laïque le supposé « particularisme islamique » en lui donnant, dans premier temps, une certaine consistance, comme si sa dissolution totale et immédiate dans le corps social constituait une menace.

Le problème majeur est que ce « temps provisoire » s’éternise et finit par produire, légitimer et surtout routiniser des mécanismes de régulation de type « particulariste », pour ne pas dire discriminatoire.

En somme, c’est la bonne vieille doctrine du « il leur faudra du temps » qui s’impose très rapidement dans les territoires colonisés, fondée sur la conception républicaine d’une laïcité différée et différenciée : pour les uns (les populations de souche européenne), la laïcité signifie immédiatement « abstention » et « séparation » ; pour les autres (les sujets indigènes), « intervention » et « (ré)-éducation ». Comment ne pas rapprocher ce type d’argumentaire fabriqué au fil de la colonisation avec l’argument actuel brandit par le ministère de l’Intérieur et les maires, selon lequel l’intervention de l’Etat et des collectivités locales dans les « affaires musulmanes » se justifierait par le caractère récent – pour ne pas dire « immature » - de la présence musulmane sur le territoire français ? En retour, une telle politique de « laïcité interventionniste » conduit à enfermer les populations indigènes (et aujourd’hui les populations issues de l’immigration postcoloniale) dans une forme d’islamité imaginaire aux effets pourtant bien réels. Le regard institutionnel tend à se focaliser sur leur particularisme religieux et culturel, indépendamment des croyances et des pratiques réels des individus, jusqu’à en faire une catégorie à part entière de l’action publique locale et nationale ; tendance à l’islamisation prescrite, observable dans le contexte actuel (la France des années 2000) et qui semble très largement héritée de la période coloniale.

Vincent Geisser


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Féminin Nombre de messages : 14931
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MessageSujet: Re: Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale Sam 17 Sep 2016 - 23:07

MANUEL VALLS : DIGNE HÉRITIER DE LA POLITIQUE MUSULMANE D'INSPIRATION COLONIALE
DEUXIÈME PARTIE
« LE SYNDROME ALGÉRIEN »
(2ième partie)


Les citoyens français originaires du Maghreb et d’Afrique noire ne vivent plus dans une situation coloniale. C’est évident. Mais pourtant le traitement politique de l’islam et des musulmans dans la société française d’aujourd’hui reste imprégné de l’expérience coloniale algérienne, à tel point qu’on peut parler de « syndrome algérien » qui se manifeste chez Manuel Valls comme les autres politiques français. Ce texte est tiré de notre ouvrage coécrit avec Aziz Zemouri, « Marianne & Allah », La Découverte, 2007.

En ce début de XXIe siècle, ce prisme algérien reste prégnant dans la gestion publique de l’islam en France, pour ne pas dire hégémonique, produisant des effets substantiels aussi bien à l’échelle nationale qu’aux échelons locaux. Qu’il s’agisse des procédures de sélection et de promotion des interlocuteurs musulmans, des modes d’administration du culte, des dispositifs de surveillance des groupes musulmans dits « libres », du statut de la femme musulmane, des aménagements et des dérogations au principe de séparation, l’expérience algérienne vient irriguer, depuis plus de cent cinquante ans, toute notre « politique musulmane » et, au-delà, notre relation aux populations musulmanes françaises et étrangères. Il y a donc bien un syndrome algérien, continuant à se manifester bien après l’indépendance de l’ancienne colonie – qui rappelons-le était considérée comme le prolongement « naturel » de la Métropole - et qui mériterait sans doute une analyse approfondie.


Contrôler, surveiller les lieux de culte musulmans


En parachevant la conquête de l’Algérie, la France s’était engagée formellement à respecter la liberté de religion et de conscience des nouveaux « dominés ». C’est le sens de la convention signée, le 5 juillet 1830, entre De Bourmont, général en chef de l’armée française et Hussein Pacha, le Dey d’Alger qui précise dans son point 5 que « l'exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes d'habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie ne recevront aucune atteinte; leurs femmes seront respectées ; le général en chef en prend l'engagement sur l'honneur ». L’esprit de la Convention restait fidèle à la politique impériale dite « des égards » et on pouvait donc s’attendre à ce que les nouveaux maîtres de l’Algérie respectent les institutions et les hiérarchies religieuses traditionnelles – comme ils le feront plus tard au Maroc -, quitte à s’appuyer sur elles pour asseoir leur domination et conforter leur pénétration à l’intérieur du territoire conquis. En réalité, c’est davantage l’esprit du gallicanisme qui prit le dessus et les réflexes bureaucratiques conduisirent très rapidement les agents de la colonisation à user et abuser d’une neutralité interventionniste qui aboutit, d’une part, à s’approprier du patrimoine musulman et, d’autre part, à chercher à contrôler les figures et personnalités religieuses sommés de se mettre en service des ambitions coloniales. En somme, la « politique musulmane » développée en Algérie a eu, dès le départ, comme objectif une volonté de maîtriser les lieux et les hommes, tendance qui ne sera jamais démentie tout au long de la colonisation et qui, encore aujourd’hui, produit des effets dans la façon dont le ministère de l’Intérieur gère la « question musulmane » et qui atteste d’un véritable fantasme patrimonial.

Par une série de textes réglementaires et législatifs, dont le plus important est l’arrêté du 7 décembre 1830, la quasi-totalité des biens publics musulmans dits habous furent ainsi placés sous la tutelle coloniale, privant les mosquées et les fondations musulmanes de leurs principales sources de revenus : « S’il est, certes, vrai que, pris à la lettre, l’arrêté du 7 décembre ne confisquait pas les biens des mosquées et autres corporations religieuses au profit de l’Etat et qu’il en donnait seulement la gestion au service des Domaines, il ne laissait pourtant aucun doute sur les intentions de l’autorité supérieure ».

Cette illusion d’autonomie fut préservée jusqu’en 1848, année où un nouvel arrêté du 3 octobre disposait que désormais « les immeubles appartenant aux mosquées, marabouts, zaouias, et en général à tous les établissements religieux musulmans qui sont encore exceptionnellement régis par des oukils [procureurs], seront réunis au Domaine, qui les administrera conformément aux règlements… ».

La loi sur les propriétés foncières du 16 juin 1851 vint parachever ce processus de mise sous tutelle administrative de la quasi-totalité des biens publics musulmans : « le Domaine prenait définitivement possession des biens habous et l’Etat prenait à sa charge les frais du culte ainsi que toutes les dépenses, pensions et aumônes jusque là aux frais de ces institutions ».




Caporaliser les Religieux musulmans, fabriquer des imams sur mesure

Mais plus encore que le contrôle des lieux, c’est la maîtrise des hommes qui constitua le principal enjeu de la « politique musulmane » de la France en Algérie. Dès les premiers temps de la conquête, l’administration coloniale tenta d’initier un véritable « clergé musulman », censé servir loyalement les intérêts de la France. Dans cette perspective, l’arrêté ministériel du 30 avril 1851 avait précisément pour objectif, d’une part, de répertorier et de classer les lieux de culte musulman en cinq catégories et, d’autre part, de rétablir un semblant de hiérarchie des personnels cultuels s’inspirant vaguement de celle en cours sous l’Empire ottoman. Comme le note fort justement l’historienne Anna Bozzo, l’objectif inavoué d’un tel projet était de promouvoir une forme de « fonctionnarisation », voire de « caporalisation » des clercs musulmans, afin de s’assurer de leur soutien et surtout de prévenir toute tentative de résistance religieuse à la domination coloniale. Cette promotion d’un « clergé musulman » officiel avait donc pour contrepartie logique une politique de surveillance et de répression des Religieux dits « indépendants », dont les activités étaient jugées subversives.

Sur ce plan, bien qu’il faille éviter tout rapprochement historique abusif, ces projets de « clergé musulman » - la formule était d’ailleurs employée par certains administrateurs coloniaux – ne semblent pas si éloignés de l’obsession actuelle du ministère de l’Intérieur à vouloir à tout prix encadrer et former des « imams français », afin de contenir les « influences étrangères » censées être porteuses de désordre. Outre les multiples initiatives avortées des ministres de l’Intérieur, ces quinze dernières années, pour susciter des institutions de formation « d’imams sur-mesure », la promotion d’un personnel musulman étroitement encadré et contrôlé par l’autorité publique revient comme un leitmotiv dans le discours des experts et des politiques français.


La laïcité, oui, mais pas toute suite pour les Musulmans !


On pouvait penser que l’adoption de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 mettrait fin définitivement à l’utopie coloniale d’un « clergé musulman » et, d’une manière générale, au contrôle publique exercé sur toutes les institutions islamiques. Or, non seulement la politique de caporalisation et de fonctionnarisation de l’islam s’accentua mais, en plus, elle se trouva désormais pourvue d’un statut quasi-législatif, qui allait la conforter matériellement et la pérenniser dans le temps et ceci en dépit des très nombreuses protestations émanant des milieux indigènes.

En effet, le décret du 27 décembre 1907 qui vise à appliquer la loi de séparation aux trois département d’Algérie donne naissance à un statut dérogatoire qui sera constamment prorogé et, ceci quasiment, jusqu’à l’indépendance du pays en 1962. Plus que jamais le culte musulman et ses « desservants » (muftis, imams et autres catégories) se trouvent placés sous la tutelle de l’Etat et des collectivités locales (les départements et les communes). On se trouve ainsi en présence d’une formule juridique hybride qui, sans nier totalement la « force de la laïcité », la renvoie à un horizon lointain : le temps que la pédagogie républicaine produise ses lumières rééducatrices sur des esprits indigènes endormis.



En somme, le traitement colonial de la « question musulmane » a été en permanence traversé par une tension entre un idéal d’émancipation républicaine (laïciser les indigènes musulmans) et un principe de réalité (conforter la domination) qui a conduit les pouvoirs publics à déroger à la loi de 1905 mais en gardant la « laïcité » comme horizon de sens. Or, cette nuance, soulignée par le politologue Rabeh Achi, est importante, car elle permet de comprendre la situation actuelle qui reste toujours marquée par cette tension entre l’idéal et le principe de réalité : alors que les élus, les intellectuels médiatiques et les groupes de pression laïcistes (invoquent constamment la nécessité et l’urgence d’élever l’islam et les musulmans de France à la laïcité, ils justifient par ailleurs un traitement particulariste, dans le refus, par exemple, d’autoriser des écoles musulmanes sous contrat ou de construire de nouveaux lieux de culte dans les centres ville, jusqu’à justifier, pour certain d’entre eux, une politique sécuritaire (surveillance des associations et des mosquées), voir un interventionnisme politico-administratif dans les « affaires musulmanes » (Istichara, CFCM, fondation officielle de l’islam de France, projets de création d’instituts de formation d’imams…).

Nous sommes en quelque sorte dans un provisoire qui dure, puisque même les traitements particularistes et inégalitaires à l’égard du culte musulman sont bien légitimés, non par le refus de leur « appliquer la laïcité » mais de les y amener progressivement, aboutissant à conforter cette figure paradoxale : l’éducation des musulmans à la laïcité justifie qu’on ne leur applique pas immédiatement « toute la laïcité ». L’on est bien obligé de constater que cette injonction paradoxale héritée de la période coloniale et, plus particulièrement de la « politique musulmane » pratiquée en Algérie (1830-1962), fait toujours aujourd’hui force de loi


Vincent Geisser, sociologue et politologue français.


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OumYousra




Féminin Nombre de messages : 58
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MessageSujet: Re: Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale Ven 23 Sep 2016 - 17:23

Wa3leikoum salam, l'islam leur fait peur et pour cause, il ne cesse de gagner du terrain, ils ont tout essayé pour faire reculer plier cette religion mais en vain elle est la seule à résister ...Pour que dejal fasse sa sortie il faut que la corruption, la perversité le ternissement des bonnes mœurs soient a son summum   ici ou ailleurs... Ils ne reculeront devant rien!

Le plus triste dans tout cela! Est sans aucun doute de voir germer un peut partout  dans le monde des imams qui  vont dans leurs sens et vont jusqu'à falsifier ou sortir des ayats, hadiths de leur contextes c'est vraiment choquant!

Les jours, années a venir vont être  encore plus difficiles Allahou alem  pour nous musulmans, notre foi sera mise à rude épreuve  et il y aura deux groupes bien distincts les croyants et les mécréants.  quAllah ta"ala nous compte parmi les croyants sincères et fidèles quoi qu'il arrive!

Allahouma Amin, amin,amin.
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Manuel Valls : digne héritier de la politique musulmane d'inspiration coloniale

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