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 Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu

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LSMM


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Féminin Nombre de messages : 14954
Date d'inscription : 14/10/2007

MessageSujet: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Sam 27 Aoû 2016 - 11:02




Avec mon amie Oum Soumeya de l'Association des Bleuets, j'ai décidé de répondre à l'invitation de Lisa Castelly pour le journal en ligne indépendant "Marsactu", pour une interview concernant les dernières polémiques autour des femmes musulmanes (burkini, Speed Water, piscines...)

Nous avons hésité car nous peinons à trouver des journalistes honnêtes qui ne veulent ni déformer nos propos ni nous tendre des embuscades pour faire le buzz et gonfler leur audience.

Nous ne sommes pas déçues. Mise à part quelques inversions involontaires dans l'attribution des propos à l'une ou à l'autre et quelques raccourcis (obligatoires vu que nous avons discuté presque 2h) qui peuvent atténuer la teneur de nos propos, l'article est fidèle à nos déclarations et à l'idée que nous avons voulu véhiculer.

Merci à Lisa Castelly et à Marsactu.


__________________


“On ne veut ni provoquer, ni être communautaire, juste pouvoir s’amuser”

Pour cette échappée du week-end, Marsactu vous propose une conversation avec deux jeunes femmes qui portent le voile et fréquentent les sorties organisées pour les femmes musulmanes. Un échange autour de leurs choix et de leur mode de vie pour donner à découvrir ou à débattre, à l'heure où se déroule une polémique sur le burkini dont elles se disent "fatiguées".


Par Lisa Castelly, le 26 août 2016
Lien : https://marsactu.fr/?p=100750

Elles ont la trentaine, parlent avec entrain, colère, lucidité, bienveillance ou ironie. Elles portent le djilbeb, cette ample tunique plissée qui vient enserrer le visage pour lui donner une forme ovale. Stéphanie* est animatrice d’une page Facebook et d’un forum dédiés aux femmes musulmanes marseillaises revendiquant plusieurs milliers de membres. Elle est titulaire d’une licence en arabe et mère au foyer. Nadia* est active au sein de sa mosquée des Bleuets et sur les réseaux sociaux. Elle déclare avoir arrêté de travailler quand son employeur l’a licenciée parce qu’elle portait le voile – en dehors de ses heures de travail, précise-t-elle – elle est mère au foyer depuis. Toutes deux se sont converties il y a plus de 10 ans et ne cachent pas être très pieuses, mais assurent vivre avec leur temps.

La journée burkini au Speedwater park des Pennes-Mirabeau, elles auraient voulu y aller, impressionnées de voir une de leurs “soeurs” parvenir à organiser un tel événement. Elles ont vécu – et vivent – la polémique autour de cette journée, organisée dans un lieu privé, comme une claque dans la figure et se disent aujourd’hui “fatiguées”.

Coutumières des activités organisées entre femmes musulmanes, elles sont des actrices d’une certaine forme de communautarisme, à base de réseaux sociaux, de lectures du coran, d’ateliers cuisine et beauté et, parfois, oui, de burkini. Un communautarisme qu’elles disent avoir adopté par défaut, faute d’être acceptées ailleurs telles qu’elles sont, c’est à dire voilées.

Après une période de réflexion, ces deux jeunes femmes ont accepté notre proposition d’une conversation autour de leurs choix et de leur mode de vie. Une parole qui reste, évidemment, un témoignage, pris dans sa longueur, représentatif de leurs seuls choix personnels et non pas une réalité sociologique que l’on voudrait généralisable.

Un échange pour donner à découvrir, entendre ou débattre à partir de leur parole, que nous avons accompagné d’un éclairage par le philosophe et sociologue Raphael Liogier, à la fin de l’article.

Première question simple : portez-vous le burkini ?

Stéphanie : Le burkini, c’est une invention récente, cela fait 2 ou 3 ans qu’on en voit en France. On s’est toujours baignées habillées, mais après on ne va pas aux plages du Prado, on va dans des endroits où il y a moins de monde, où on ne va pas se faire remarquer, au Frioul, dans des criques. Pour ma part je reste habillée sur la plage. Me baigner avec trois tonnes de tissu ne me fait pas envie.

Nadia : Avant les femmes voilées ne se baignaient pas du tout. J’ai acheté le mien il y a 10 ans en Egypte où c’était déjà très à la mode. C’est en matière maillot de bain, c’est plus pratique, c’est tout.

Stéphanie, vous tenez une page Facebook et un forum à destination des femmes musulmanes. Quel en est l’objectif ?

S : L’objectif, globalement, depuis 10 ans, c’est de se rassembler, faire connaître des petites activités qui nous sont accessibles, des initiatives d’entraide, des sorties, des restaurants qu’on a envie de recommander. Beaucoup d’entre nous sont isolées, cela permet de se voir, se rencontrer. Toutes mes amies actuelles, je les connais de là.
Chacun parle de ce qu’il a testé. A la base, c’est vraiment tourné vers la vie sociale. Dans le premier règlement j’avais même interdit les propos religieux pour éviter les propos polémiques ou extrêmes.


Sur quels critères se basent les recommandations, pour les restaurants par exemple ?

S : Sur plein de critères classiques, mais bien sûr, si on peut manger de la viande parce qu’elle est halal, c’estquand même mieux.

N : On peut aussi préciser si les femmes voilées sont bien accueillies. Les actes anti-musulmans sont de plus en plus fréquents et les restaurateurs qui ne veulent pas de nous, cela existe.


Vous êtes vous étonnées du nombre de personnes, 3500 sur Facebook, 1200 sur le forum, que vous touchez ?

Stéphanie : C’est dur d’évaluer la portée. Vu le nombre de musulmans à Marseille, ce n’est pas tant que ça. Maisje ne connais pas d’autres pages semblables. Bien sûr ce n’est pas que pour les femmes voilées ou musulmanes.



Êtes vous coutumières des sorties piscines ?

S : Cela fait au moins 8 ans que je participe à des journées à la piscine au Club pamplemousse. Mais quand Stéphane Ravier [sénateur-maire des 13e et 14e arrondissements, nldr] a diffusé sur internet notre programme de sorties piscines entre femmes, le gérant a reçu des pressions et pour le moment nous n’y allons plus. Il y a aussi plein de villas avec piscine que l’on peut louer à la journée, pour à peu près 150 euros, à dix ou quinze c’est abordable. Ca se fait, et ça continuera à se faire. Il n’y a jamais eu de problèmes avec les propriétaires. J’y suis allée plusieurs fois avec mes filles, on se baigne, sans burkini, plutôt en short-débardeur, on peut jouer avec ses enfants. Là, ça change.



Comment expliquez-vous l’essor de ces sorties ?

N : Ces journées, elles se sont développées parce qu’il y a un sentiment de rejet de l’espace public. On ne va pas pour autant rester chez nous enfermées. On veut vivre avec tout le monde, aller au cinéma, au parc, partir en voyage. Ce n’est pas parce qu’on porte le voile qu’on va se couper de tout.


Quelle a été votre réaction quand a démarré la polémique autour de la journée burkini au Speedwater park des Pennes-Mirabeau ?

S : Les pauvres … (soupir). Elles ont fini par dissoudre l’association. Avec ce nom là, elles ne pourront plus rienfaire.

N : Sur la journée, j’avais été impressionnée qu’elles arrivent à organiser un événement comme ça. J’allais prendre des billets pour mes enfants et moi, puis j’ai hésité en me disant : il va forcément y avoir une polémique.

S : J’avais aussi trouvé incroyable que le parc ait accepté d’accueillir la journée. Je suis bisounours, je n’ai pas pensé que ça pourrait poser problème.

N : Je connais l’organisatrice, elle a reçu des menaces de mort depuis et elle n’a pas repris contact avec le parc. Maintenant il faut rembourser les participantes qui avaient prépayé leurs billets. Pour éviter le trouble à l’ordre public, des associations ont proposé de payer des sociétés de sécurité pour les abords du parc, mais ça n’a rien changé.

S : Il aurait fallu aller au bout, la faire cette journée.

N : Personnellement, pour l’événement au Speedwater park, je n’aurais pas mis certaines conditions, comme la limite d’âge pour les petits garçons, puisqu’il y avait des maître-nageurs hommes de toutes façons. On est entre musulmanes, on connaît les règles, pas la peine de les mettre sur l’affiche. Ça a joué en notre défaveur. Pourtant, du point de vue juridique, il n’y avait rien à reprocher. Les réseaux sociaux nous aident beaucoup à nous développer mais nous rendent aussi trop visibles pour ceux qui veulent nous attaquer.


“On n’est pas des bêtes sauvages. On est une communauté comme les autres. On ne peut pas être invisibles.”



Comment interprétez-vous cette polémique et les interdictions de burkini qui ont suivi ?

S : Ce qui embête, c’est que les immigrés d’hier étaient invisibles. Mais aujourd’hui on est là, on est dans les entreprises, on sort, on a des associations.

N : Les arrêtés sont pris dans des villes où il n’y a pas une forte communauté musulmane, à Marseille ce serait plus difficile. C’est bête parce que l’interdit risque de susciter l’inverse, la provocation. Comme les filles qui ont porté le niqab quand il a été interdit.

S : Le rejet fait se développer la haine. Je ne ressens pas de haine personnellement. Mais ce climat fait monter la francophobie, ou plutôt la non-musulmanophobie. Il y a un sentiment de persécution qui peut mener à voir le mal partout. Ce n’est pas un sentiment naturel pour un musulman. Tout ce qu’on voudrait c’est cohabiter. Si on intègre les gens, ils n’ont pas besoin de se replier.

N : Qu’on l’interdise ce n’est pas vraiment le problème. Ce qui me dérange c’est qu’on restreigne les libertés. Je n’ai jamais entendu de femmes musulmanes critiquer une femme non musulmanes à cause de sa tenue ou de quoique ce soit d’autre. On ne pourra bientôt plus mettre les pieds à la plage. À Nice, on interdit la visibilité de l’islam. Pour l’instant c’est sur la plage, et après ? L’islam fait peur. C’est normal, comme n’importe quelle communauté. Mais on n’est pas des bêtes sauvages. On est une communauté comme les autres. On ne peut pas être invisibles.

S : Les gens qui ont lancé la polémique ont l’impression qu’on provoque, qu’on veut imposer notre mode de vie. Mais il y a de la place pour tout le monde. On veut juste notre place. On ne veut ni provoquer, ni être communautaire, juste s’amuser.

N : Et comme les portes nous sont toutes fermées …

S : Si on ne nous veut pas sur les plages, qu’on nous laisse le Club pamplemousse !


La polémique va-t-elle changer votre façon de communiquer ?


S : Oui, j’ai relancé le forum que j’avais un peu laissé de côté pour avoir des espaces ouverts et des espaces fermés, plus organisés que sur Facebook. Je posterai les événements à venir dans les discussions fermées où ne sont acceptées que les personnes que je connais ou qu’on me recommande. Il faudra montrer patte blanche.


Quel genre d’autres événements diffusez-vous ?

N : Il y a souvent des locations de salles pour des après-midi avec esthéticiennes, coiffures, tatouages au henné, épilation, dans un lieu clos, entre femmes, et avec des jeux, des structures gonflables pour les enfants, des ateliers cookies. Au printemps il y en a plusieurs dans le coin. C’est un phénomène récent à Marseille, contrairement à Paris où cela existe depuis 7 ou 8 ans.

S : La génération de musulmans avant nous ne sortait pas trop. C’était l’homme au chantier, la femme à la maison…

N : … qui ne sort que pour aller faire des gâteaux avec la voisine… Nous on veut les loisirs, le sport…

S : Notre génération s’affirme plus, elle a étudié. L’époque a changé. On ne peut pas nous demander d’être discrets. On est citoyens français, et moi d’autant plus, je m’appelle Stéphanie ! Mais on ne sait plus par quel moyen le faire comprendre aux gens.


Comment se financent ces activités ?

N : On ne demande jamais de subventions. L’association de la mosquée fonctionne avec les dons des fidèles.

S : En général, on s’arrange sur les prix entre nous, pour que la participation de chacune suffise à payer l’activité. Les associations font peut être des marges, mais ça reste des petits événements qui ne demandent pas de gros investissements.


"On est en France, si demain j’ai envie d’enlever mon voile, personne, ni mon mari ni qui que ce soit n’aura son mot à dire."




Que répondez-vous quand on dit que votre mode de vie est archaïque ?

N : Un mode de vie à l’ancienne ? Non. C’est des clichés. Beaucoup pense qu’on nous impose le voile. On est en France, si demain j’ai envie d’enlever mon voile, personne, ni mon mari ni qui que ce soit n’aura son mot à dire.


S : En occident, des femmes forcées de porter le voile, je n’en ai jamais vu. Dans les pays arabes, bien sûr, on ne peut pas le nier et je suis évidemment contre.

N : Je n’ai connu qu’une fille qu’on avait forcée, c’était au collège. Aujourd’hui elle a 30 ans et elle ne le porte plus. Moi non plus je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’on puisse forcer des femmes. Mais j’ai le droit d’être libre et mon combat, c’est de le porter. On dit que nous ne sommes pas féministes, moi je dis que si, je me bats pour mes droits de femme. J’ai arrêté de travailler, j’ai renoncé à beaucoup de choses pour pouvoir le porter. Mon voile, c’est la finalité de ma foi, le petit plus que j’ai voulu quand je suis allée assez loin dans mon parcours religieux. Mais ça ne me rend pas plus musulmane. Certaines non-voilées sont plus rigoureuses que d’autres qui sont voilées. Ca reste un bout de tissu…

S : En France, porter le voile, il faut vraiment le vouloir ! Cela nous coupe l’accès au travail presque automatiquement. Dans la tête des gens, le voile, c’est la soumission à l’homme. Ça n’a rien à voir. C’est pour Dieu, et seulement pour ça. On en arrive à des dialogues de sourds, je n’ai plus envie d’expliquer tout ça… Ce n’est pas parce que je porte le voile que je suis soumise, ce n’est pas parce qu'on porte un bikini qu'on est une prostituée.


Au fond, comment décririez-vous votre mode de vie ?

S : Nous voulons vivre dans la modernité, dans cette société qui est la notre, mais aussi avec nos valeurs, nos principes.

N : On essaye de s’adapter. Par exemple, je ne me vois pas aller au Speedwater Park en burkini, je me sentirais mal à l’aise, je sentirais les regards. Le plus dur c’est d’expliquer tout ces problèmes à nos enfants. Une fois, une femme m’a insultée dans la rue à cause de mon apparence. Mon fils de dix ans était tout énervé, j’ai du lui dire que ce n’était rien, que l’islam c’est la paix… Avant, c’était les arabes, les “bougnoules”, qu’on rejetait, il y a toujours eu de ça. Comment ils vont le vivre nos enfants, ce rejet ? Comment ça va ressortir quand ils seront grands ? Ça fait peur.

S : On ne sait pas trop vers quoi on va. Avec la présidentielle …

N : Mais comme l’a reconnu Brice Hortefeux [interrogé à ce sujet sur BFMTV, ndlr], la campagne de 2017 va se faire sur l’islam… Mais les Français ne sont pas … enfin, ils ne vont pas élire le FN, quand même !

S : Mais tous les partis ont le discours du FN … Et quand on a comme gourou BFM, c’est vite fait.


Vous qualifieriez vous comme des modérées ?

N : Oui. Enfin, ma pratique n’est pas “modérée”, je fais mes 5 prières par jour, je n’en fais pas “moins”.

S : C’est difficile à évaluer, comme pour un niveau en langues étrangères ! Ceux que moi j’appelle intégristes se définissent comme modérés aussi. Mais pour moi, l’intégriste c’est celui qui a la haine des non-musulmans. Forcément on a la même pratique, le voile, la prière, la djellaba, mais eux ont de la haine dans leurs têtes.

N : C’est souvent ceux-là qui disent qu’il ne font pas rester en France… On ne peut pas dire que les gens de Daech ne sont pas musulmans. Mais ce qui les anime c’est la haine de l’occident. Ce sont des anciens gros délinquants, qui n’ont pas le sens de la religion. (…) Ils jouent sur le sentiment de rejet. Et les gens qui vivent ce rejet sont pour eux des proies potentielles.



Quel regard portent vos conjoints sur cette polémique ?

S : Ils sont fatigués, comme nous. On ne comprend pas. Tout le monde devient parano, depuis les attentats, tout le monde est sur la défensive.




________________________________

Analyse de Raphaël LOGIER :



“Elles adaptent leurs valeurs, inventent leur façon de vivre.”


“Ces femmes sont exactement celles que je rencontre dans mes enquêtes : elles sont tout simplement normales”.

Raphaël Liogier, philosophe et sociologue, professeur à Science-Po Aix et auteur d’un livre intitulé “La guerre des civilisations n’aura pas lieu. Coexistence et violence au XXIe siècle“, estime que les musulmans sont, à l’instar de toutes les communautés, pris dans les dynamiques de la globalisation qui poussent à inventer de nouveaux modes de vie.

“Ces jeunes femmes sont dans l’hypermodernité, elles font des études, veulent faire du sport, choisissent souvent un foulard qui soit chic. Elles adaptent leurs valeurs, inventent leur façon de vivre.”

Pour le chercheur, cette tendance qu’il juge majoritaire est à différencier des  “fondamentalistes qui veulent vivre comme à l’époque du prophète et sont comparables aux amish, en retrait de la modernité” ou encore des “terroristes potentiels, musulmans ou pas, qui ont d’abord des problèmes de narcissisme, de délinquance, n’ont souvent pas le courage d’apprendre l’arabe et à qui Daech offre de devenir des super héros”. D’après lui, ces femmes sont, à l’inverse “désidéologisées”, et dans une démarche individualiste.

“Ce sont des gens qui veulent recomposer leurs vies, recherchent à se structurer dans les croyances, les racines, sans verser dans le fondamentalisme, mais ont besoin de valider leur changement de vie, de trouver des balises morales”, de la même façon, assure-t-il, que d’autres organisent leurs vies autour “de l’alimentation bio ou de la méditation”. La polémique sur le burkini relève donc selon lui d’un “mauvais ciblage sociologique”.


Soeurs de Marseille
Le Site des Musulmanes Marseillaises


Dernière édition par LSMM le Ven 30 Juin 2017 - 1:09, édité 4 fois
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khadidja


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Féminin Nombre de messages : 746
Date d'inscription : 16/05/2008

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Sam 27 Aoû 2016 - 16:39

👍🏻👍🏻👍🏻👍🏻 Bravo les filles
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Ashata




Féminin Nombre de messages : 1822
Date d'inscription : 18/10/2007

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Sam 27 Aoû 2016 - 23:50

salam .
Très intéressant ,ça fait du bien de lire des propos sensées et justes.Vous avez assurées les copines biz
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Sandra oumsakina




Féminin Nombre de messages : 5
Date d'inscription : 25/08/2016

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Dim 28 Aoû 2016 - 0:54

[size=39]Salam alayki j ai aime l interview !!![/size]
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thouaiba




Féminin Nombre de messages : 19
Date d'inscription : 19/08/2016

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Dim 28 Aoû 2016 - 1:18

Assalam anlaikoum
Je tiens à amplement vous féliciter pour ce témoignage. Il fait chaud au coeur. Masha Allah ! par ce témoignage vous êtes dans l'action. Et vous êtes un exemple pour beaucoup d'entre nous. Fini pour les musulmans de végéter et constater sans rien dire. Il faut vraiment qu'on se bouge pour faire changer les mentalités et je suis sûre que grâce à votre entretien certaines ont peut être les idées moins obscures
Si j'avais été là j'aurais porté une banderole disant ALLEZ LES SOEURS !
Qu Allah vous récompense !
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Auré Oum Ibrahim


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Féminin Nombre de messages : 22
Date d'inscription : 29/08/2011

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Dim 28 Aoû 2016 - 3:16

Salam aleykoum !
Quel plaisir de retrouver le forum ! Moi qui en supprimant facebook je me suis rendue compte que je n'etais plus au courant de rien... Ravie de trouver cette alternative 👍
Et superbe interview. il reste des personnes qui nous acceptent telles que.nous sommes et pour qui cette diversité dans nos cultures, religions, nationalités etc leur semble importante. Bien que de plus en plus rare, mais il y en a tjs
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SYRINES




Féminin Nombre de messages : 0
Date d'inscription : 12/09/2014

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Dim 28 Aoû 2016 - 15:28

Salem aley ki 

oui c est bien juste un point : le musulman ne doit pas dévoiler ses péchés alorsqu il était dans l'égarement : avant je mettais le bikini....
Il ne lui est pas permis de raconter les péchés qu'il a commis.
 
A partir du moment où Allah les lui a cachés, il ne lui est pas permis de les dévoiler.
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oum.imrane


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Féminin Nombre de messages : 41
Date d'inscription : 18/02/2013

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Jeu 1 Sep 2016 - 11:32

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

Je trouve cet article très bien, vous avez sue bien expliquer le ressentis de la oumah.
Merci à vous et à la journaliste qui est resté tres impartiale.
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LSMM


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Féminin Nombre de messages : 14954
Date d'inscription : 14/10/2007

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Jeu 1 Sep 2016 - 22:33

السلام عليكم ورحمة الله

Merci les sœurs


Soeurs de Marseille
Le Site des Musulmanes Marseillaises
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Nanou oum Zakarya




Féminin Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 27/08/2016

MessageSujet: Re: Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu Sam 3 Sep 2016 - 12:08

Salam aylekoum wa rahmatullah wa 

Un interview censé et non transformé el hamdoullilah 
Vous avez dit exactement le vrai ressenti des musulmanes....

Félicitations les soeurs
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Ni provocation, ni communautarisme - Notre interview pour Marsactu

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